La guerre continue…

Cyclones de décadence,
les exterminations se succèdent,
les armes fusent de partout,
plus l’humanité se sophistique,
moins la folie s’estompe.
Les périodes de paix?
Des accidents de l’histoire,
des fleuves de sang versé,
la misère, l’hécatombe,
et l’indignation ne peut rien y faire.
La guerre continue…
Et pourtant,
l’hiver semble plier bagage…
Dès les premières lueurs de l’aube,
une chaleur envoûte les habitants de Beyrouth.
Beyrouth?
Entend-on…
Etonne et fascine…
Malgré les années de guerre,
elle se relève et s’affirme.
Les chantiers de reconstruction y sont nombreux.
Voitures et piétons,
festivals et expositions,
un florilège de senteurs,
de musique et de magie,
saisons lumineuses,
spectacles et fêtes grandioses,
promettent de se déployer en grande pompe.
L’ambiance semble émerveiller les uns,
elle fatigue les autres.
Ces autres qui se bousculent devant l’entrée d’un consulat étranger,
ces autres qui attendent des heures durant,
avant de faire partie des rares élus,
admis dans l’enceinte sacrée du mausolée,
un temple vendeur de rêves de liberté,
introuvable pilier,
sinon,
cher à payer…
Triste réalité,
cynique épreuve,
qui traîne et entraîne les Libanais,
zombies conduits par des dirigeants,
à un abattage intempestif,
lente et amère hémorragie,
gouffre de préjugés,
mémoires conflictuelles non assouvies…
Se taire et payer son tombeau,
telle est la règle d’or du cimetière…
Où est donc passée la ‘Suisse de l’Orient’?
Le temps de sa gloire semble inaccessible…
Et pourtant, le passé survit dans les esprits,
les histoires, les mémoires et les édifices.
Mais il resurgit,
en apportant avec lui des bouchons inextricables,
des situations en toile de fond assombrie,
un Liban plongé dans une létharige étouffante.
Les combats ont cessé à Beyrouth,
mais la guerre continue…
Dehors, c’est l’orage,
dedans, c’est la rage.
Sombres souvenirs,
qui rattrapent et enflamment.
Ma voix s’éteint,
mon coeur chavire.
Je me noie,
je m’enlise,
je me ressaisis et j’aspire…

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  1. I must admit I love the fact that you write in so many different styles Dr. Chrabieh, and I enjoyed too admiring your paintings.
    As for Lebanon… I understood that you keep on having faith, but i cannot share this hope.
    I think will be leaving soon this chaotic country

  2. J’aime J’aime J’aime!
    Même si le ton est dramatique, un parfait reflet de la réalité, sombre réalité
    Et la décadence? parfait pour décrire l’ambiance et la plupart des mentalités et façons de faire

  3. Que c’est bon d’entendre ta voix qui se révèle des profondeurs de ton âme. Je partage ta nuit et ta lumière. Nous n’avons qu’à faire ce que l’Esprit de vérité nous incite à offrir… Maintenant est le temps du travail, de la prière et du combat. Ce sera aux générations futures de décider du résultat. Courage.

  4. Merci mon amie … Katia, le combat est long et certes, les fruits nous ne les récolterons pas de notre vivant. Mais si c’est du temps de nos enfants et petits-enfants etc. tant mieux. En tous cas, je fais ce que ma conscience me dicte de faire et je suis la flamme en ce ‘moi’ au carrefour de la souffrance et de l’espérance, et en mode ‘ouverture et dialogue’!

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