Un Etat de droit avant tout!

Nos droits par ci, nos droits par là, les droits de tels partis, de telles communautés, on nous bassine à longueur de journée avec les droits supposés de collectivités qui depuis toujours se sont substitués à l’individu, l’ont phagocyté au prétexte de protéger son identité culturelle et religieuse. Mais de sa singularité et de son individualité ils n’ont que faire, pas de place pour le libre choix, l’alternative, la dissonance et la dissidence intellectuelle ou comportementale. Autant de césures, de brèches détestables qui polluent le tableau idéal d’une uniformité culturelle et sociale rassurante à l’abri d’une identité communautaire immuable et monochrome.

L’individu n’est pas exempte de tout reproche et se complait souvent dans le confort nourricier de sa communauté qui l’abreuve de sa tendresse et de sa sollicitude, lui accorde des droits et des privilèges qui lui appartiennent déjà de par son sa condition de citoyen. Il se complait aussi à l’abri de la permissivités et de l’impunité qu’elle lui garantit, tel un mineur qui à la moindre entorse va se réfugier dans les jupons de sa mère qui d’avance lui pardonnera tout

Oui à la diversité culturelles et religieuses revendiquées par les communautés mais non à la diversité en leur sein. Pour leurs ouailles ni diversité culturelle, sociétale et comportementale, ni pluralisme politique encore moins de liberté individuelle, de penser et de croyance.
En l’absence d’un Etat civil, d’un Etat de droit, l’individu est amputé des libertés individuelles fondamentales. Seul un contrat social entre l’Etat et les citoyens serait à même de les protéger et de leur donner une portée concrète. Les droits appartiennent avant tout aux individus, à la personne humaine.
Nos politiques nous parlent de droits, de leurs droits et de ceux de « leur » communauté (l’amalgame est courant entre leurs droits et ceux de leur communauté) mais aucun ne respecte les droits de leurs adversaires et encore moins ceux des citoyens qu’ils ont la charge de représenter. De quels droits est il encore question quand la Loi fondamentale n’est pas respectée, nonobstant ses imperfections, ses incohérences et ses suffiances. Si els règles du jeu ne vous plaisent pas alors ayez au moins le courage de le dire et l’audace de les changer. Mais au fond vous ne le voulez pas, vous prospérez grâce au flou, la confusion, le chaos organisé. Vous avez érigé et entretenue vos incohérences au point d’enf aire un système de gouvernance qui ne peut souffrir la moindre réforme au motif que tout s’écroulerait que nous serions tous ensevelis sous les décombres. L’ennui est que si nous appliquions aujourd’hui le critère de la cohérence tout s’effondrerait. Nos incohérences finissent pas avoir une logique qui leur est propre, chacun a désormais des raisons que la raison ne connaît point et que l’autre ignore.
En vérité vous n’avez aucun droits mais le devoir d’assumer vos responsabilités, d’affronter la réalité, de remplir vos obligations et de respecter vos engagements. Il s’agit désormais de s’entendre entre vous ou de divorcer à l’amiable.
Ni exclusion ni tiers de blocage ni boycott ni conditions rédhibitoires. Votre seul pouvoir est celui de l’inertie, celui du blocage. Vous n’avez aucune liberté pas même celle de refuser, encore moins celle de proposer.
Non au tiers de blocage car on ne peut faire partie d’un gouvernement et adhérer à l’Etat tout en faisant preuve d’une défiance à toute épreuve à l’égard de ses partenaires au pouvoir, des institutions, du chef de l’Etat et du gouvernement. Non à l’exclusion car c’est une attitude des plus dangereuses et des plus improductives. Elle n’aura pour effet que de consacrer l’impasse et de rendre impossible la formation d’un gouvernement.

Il nous faut cesser d’exiger une chose et son contraire. L’allégeance au pacte impose à tous de revoir leurs priorités et de relativiser leurs phantasmes. Aujourd’hui plus que jamais un seul mot d’ordre : nous serons soit une nation de volonté soit nous ne serons plus qu’un amalgame d’entités éclatées dans un océan de confusion ; des entités angoissées, renfermées et isolées . Alors qu’elles sont incapables de se constituer en nation elles maintiennent, pour certaines, l’illusion d’un destin plus large mais à l’horizon plus étroit.

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  1. Bravo!
    que pensez-vous de cette initiative?
    http://www.lorientlejour.com/article/818403/initiative-citoyenne-pour-sauver-le-liban-et-refonder-letat-.html
    APPEL POUR SAUVER LE LIBAN ET REFONDER L’ETAT
    Le Liban traverse une période très difficile, lourde de menaces pour son ordre social, alors que l’Etat en panne n’est désormais plus capable, même a minima, ni de gérer les conflits qui bouleversent son environnement régional immédiat, ni d’empêcher les conséquences dévastatrices de ces conflits sur la scène intérieure libanaise.
    L’approche objective de la situation de notre pays aujourd’hui et de son avenir proche dont les contours sont désormais clairs, nous place face aux réalités suivantes :
    1 – L’incapacité de l’Etat à assumer ses fonctions essentielles dans tous ses domaines de responsabilité se confirme de jour en jour, que ce soit en matière de défense, de politique étrangère, de sécurité ou de préservation de l’unité nationale. Sans compter qu’il continue de manquer à toutes ses obligations en matière de provision des services publics, de gestion de l’économie, de protection sociale ; qu’il ne parvient pas à appliquer la loi pour lutter contre le crime, la corruption et les fraudes et que ses institutions formelles ont totalement failli à encadrer les conflits des acteurs politiques.
    2 – Après que le système politique fondé sur le partage communautaire de la population libanaise et des fonctions de l’Etat a perdu les appuis extérieurs qui avaient permis, après la guerre, de le constituer et de l’imposer aux Libanais puis de le proroger artificiellement, il n’est désormais plus en mesure de préserver la légitimité, même formelle, des institutions constitutionnelles de l’Etat. La Chambre des députés perd sa légitimité à partir du 20 juin 2013, car toute prorogation de son mandat équivaut à un coup d’Etat caractérisé. Quant au gouvernement, s’il était formé, il se retrouverait face à un Parlement illégitime dans l’incapacité de lui accorder à son tour une quelconque légitimité. La même équation s’appliquera dans quelques mois à la présidence de la République au moment de l’échéance présidentielle.
    3 – La pérennité de l’Etat libanais est menacée, dans les faits et dans la légalité, ce qui induit de nombreuses conséquences dangereuses, parmi lesquelles :
    a – L’écrasante majorité des ménages dont les actifs travaillent au Liban et dont les rémunérations sont en livres libanaises, en particulier les fonctionnaires de l’Etat et les employés des institutions publiques (fonctionnaires civils et militaires et contractuels), sont exposés à la perte de leurs revenus et de leur épargne, comme cela s’était passé dans les années 1980 au Liban et comme cela se passe en ce moment même ailleurs dans le monde ; ce qui provoquerait un véritable séisme social.
    b – Les Libanais ont désespéré de l’Etat, du recours aux administrations publiques, aux forces de sécurité et aux organes judiciaires, ce qui les pousse toujours davantage à émigrer ou à s’inféoder aux chefs communautaires et à se soumettre aux puissance de l’argent qui détiennent le pouvoir véritable dans le pays. C’est ainsi que les tempêtes régionales se transforment en une dynamique de guerre civile au Liban que personne n’est en mesure de prévenir, ni même de gérer.
    c – L’effondrement de l’Etat libanais privera le pays de la protection que lui assurent le droit international et les Nations unies et ouvrira la voie aux ingérences extérieures les plus insolentes et les plus dangereuses.
    Face aux tragédies dont souffre la région, les Libanais ne sont pas les seuls otages des passions communautaires ; les chefs communautaires sont désormais eux-mêmes prisonniers des rôles qui leur sont impartis par le système communautaire et des prescriptions liées à leurs engagements extérieurs ; ils ont perdu toute marge de manœuvre alors même que le Liban a besoin de grandes décisions. Le système politique sécrète ainsi lui-même les angoisses dont se nourrissent en retour les passions communautaires.
    Ce cycle infernal n’est pourtant pas une fatalité. Au contraire. D’autant qu’il n’a aucune justification constitutionnelle ou légale. Il est important de rappeler à cet égard quelques vérités que les piliers du système n’ont eu de cesse de vouloir faire oublier :
    – Le système politique communautaire contrevient aux principes essentiels de la citoyenneté qui supposent l’égalité des citoyens dans leurs droits et devoirs. Il contrevient aussi aux principes essentiels de la constitution libanaise qui établit que le « pouvoir émane du peuple » et qui consacre « la liberté absolue de conscience ». Cela signifie tout simplement que l’appartenance de tout Libanais à telle ou telle communauté ne peut relever que d’une démarche personnelle volontaire. En conséquence, tout système électoral ou administratif classant automatiquement et sans leur consentement les Libanais dans des communautés est nul.
    – Les communautés, dans leur acception légale, ne sont pas des entités autonomes. Ce sont des entités sociales que l’Etat a reconnues pour leur conférer le statut d’entités légales, dans la logique de la liberté de croyance et de la tolérance. Mais ces entités se sont transformées en pratique en entités politiques qui se sont substituées à l’Etat.
    – Leur emprise n’a pu se renforcer et se consolider en dépit de l’élévation régulière du niveau d’éducation des Libanais et des souvenirs amers de leur expérience du communautarisme que pour deux raisons: la déliquescence de l’Etat et son asservissement aux intérêts des puissants d’une part et, d’autre part, l’obligation pratique pour les Libanais de recourir aux “zuama” communautauraires pour accéder aux services, bénéfices et protections que le système socio-économique injuste, fondé sur les rentes, l’accaparement et le commerce des allégeances, leur refuse.
    – Du point de vue des valeurs humaines et religieuses, la foi est un acte personnel et libre. Le communautarisme, dès lors qu’il s’institutionnalise et qu’il s’impose à tous, contredit ces mêmes valeurs. Les communautés confessionnelles, dès lors qu’elles passent du statut de structures sociales à celui de structures politiques fondées sur la asabiya, le monolithisme et le rejet de l’autre, qu’elles se comportent en entités indépendantes, ayant leurs propres intérêts, ambitions et projets, tant à l’intérieur du Liban qu’à l’extérieur, conduisent à la dislocation de la société et l’effritement de l’Etat. Il faut savoir que les communautés ne sont pas seulement confessionnelles, mais peuvent aussi coller à des particularités linguistiques ou lignagères. L’histoire démontre que les cohésions communautaires ont été des réponses à des systèmes de pouvoir tyranniques, notamment ceux qui ont cherché à se légitimer par la religion. Il est vrai aussi qu’on trouve aujourd’hui dans la région des régimes et des mouvements despotiques qui prétendent se légitimer par la religion et qu’il faut affronter. Mais cette confrontation ne doit pas s’appuyer sur le renforcement du sentiment communautaire. Car le communautarisme nourrit le fanatisme religieux majoritaire d’une part et, de l’autre, pousse les communautés confessionnelles à s’inféoder aux puissances de l’argent et aux puissances étrangères. Ce qui accentue la dislocation de la société et l’effritement de l’Etat. La confrontation ne peut être menée qu’en réaffirmant les fondements de l’Etat civil et démocratique sur la base de la citoyenneté, un Etat qui ne défend pas les intérêts des communautés mais ceux des citoyens. Lui seul protège la liberté de conscience des individus et leur dignité.
    C’est pourquoi,
    A la lumière de ce qui précède, les signataires de cet appel tiennent à affirmer leur diagnostic du problème et à poser les bases d’une solution :
    Premièrement :
    Les parties impliquées dans le système politique communautaire imposent au Liban l’agenda de leurs affrontements et de leurs paris. Elles sont désormais globalement devenues incapables de répondre à l’exigence de tranquillité et de dignité des citoyens. Elles ne sont en mesure, au meilleur des cas, que d’ajourner l’effondrement total du système et avec lui la rupture de la paix civile. Même cet ajournement ne peut se produire qu’aux dépens des structures de l’Etat et de sa légitimité. Le Liban a de toute urgence besoin d’un autre ordre du jour.
    Deuxièmement :
    Pour sauver le Liban, il faut prendre l’initiative de refonder l’Etat et le système politico-économique sur la base de la citoyenneté, de la justice sociale et de la dignité humaine. L’illusion de « l’Etat communautaire » s’étant effondrée, le système en place a perdu sa légitimité et son efficacité, il a défiguré la mémoire des Libanais et dissipé leurs énergies et leurs espoirs.
    Pour que l’État soit légitime et efficace, il faut : 1 – asseoir une référence de légitimité civile stable à l’Etat ; 2 – établir des mécanismes efficaces et directs de représentation des citoyens et de contrôle par les citoyens, sans entités intermédiaires telles que les zaamat communautaires et 3 – assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs exécutif et judiciaire. Ces trois piliers font aujourd’hui défaut au Liban.
    Troisièmement :
    Alors que nous assistons à l’effondrement successif des institutions constitutionnelles, à commencer par la Chambre des députés, afin d’éviter celui de l’administration, armature de l’Etat, et en vue d’assurer la gestion de la phase de transition qui nous est imposée en évitant de passer par des séquences de violences et d’attendre des arrangements ou des diktats extérieurs, l’étape décisive sur la voie de la construction d’un nouveau système pour refonder l’Etat est l’émergence d’une « commission constituante transitoire » jouissant de la confiance des Libanais, dans laquelle seront représentées toutes les composantes de la société : celles dont les intérêts sont liés au maintien de l’Etat, en rapport à leurs poids dans la société et en reconnaissance du degré de leur implication dans ses intérêts à long terme ; dans une composition qui sera nécessairement transversale par rapport aux groupements communautaires en place et affranchie des injonctions despotiques
    Il faut aussi que cette commission constituante transitoire inclue des compétences intellectuelles, culturelles, scientifiques, ainsi que des représentants de la jeunesse, de manière à faire primer l’intérêt général sur les intérêts des puissants, de leurs paris et de leurs compromissions.
    Quatrièmement :
    Les missions urgentes de la commission constituante transitoire seront :
    a – de promulguer une déclaration constitutionnelle provisoire qui assure les conditions d’émergence d’un Etat civil et démocratique et qui organise la gestion de la période transitoire d’une manière ordonnée et sereine.
    b – sur la base de cette déclaration constitutionnelle provisoire, d’organiser l’élection d’une « assemblée constituante » chargée de rédiger une constitution permanente fondée sur les principes de la citoyenneté, de la démocratie et de la justice sociale que les Libanais seront appelés à adopter par voie de référendum.
    A la lumière de ce qui précède, les signataires de cet appel s’adressent à toutes les forces, tous les individus, tous les mouvements, associations, organismes civils, scientifiques, juridiques, aux syndicats, aux ordres professionnels, ainsi qu’à toutes les forces populaires soucieuses de l’intérêt du pays, pour les inviter à se joindre à ce processus salvateur.
    Il ne sera possible de former cette commission constituante transitoire et de lui conférer la légitimité nécessaire qu’à condition de lui rallier la majorité des Libanais à travers des combats politiques et sociaux sur l’ensemble des terrains de la vie publique. Seul un projet politique clair et rassembleur est en mesure de renforcer l’esprit de confrontation sur les divers espaces syndicaux, intellectuels, juridiques ou parmi les jeunes. Les mobilisations sur ces espaces alimenteront à leur tour le mouvement de salut national. C’est ainsi que l’angoisse et la dispersion des Libanais se transformeront en espérance, en prise de conscience et en volonté organisée pour sauver la patrie et refonder l’Etat.
    Le processus de salut national passe par deux étapes décisives :
    – La première consiste à organiser une « conférence nationale de salut » en vue d’asseoir les fondements et le diagnostic du problème et de dessiner les contours et les conditions de la solution, non seulement sur le plan constitutionnel ou sur le plan de la représentation, mais aussi à tous les niveaux qui sont nécessaires à l’établissement d’un nouveau contrat social. Son ordre du jour portera sur les préoccupations réelles des citoyens et leurs aspirations.
    – Dans une seconde étape, la conférence nationale se chargera d’organiser les « journées des choix nationaux » afin de lancer des chantiers de discussion et de trancher les choix essentiels dans les grands domaines de la vie publique, juridiques, sociaux, économiques, institutionnels, en fonction des intérêts supérieurs de la société, et ce avec le concours des experts et des personnes concernés.

    1. Merci à tous pour vos commentaires. Chère Katia je lirai cette déclaration avec le plus grand intérêt et vous ferais part de mes commentaires. Ms Chehwane votre question nécessite une réponse détaillée, je vous ferais part bientôt de mon approche.

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